Histoire
Parvenu au pouvoir le
23 février 1930
suite à un coup d'État, le despote
Rafael Leónidas Trujillo Molina régna sans partage jusqu'à
son décès. Il changea le nom de la capitale du pays (Saint-Domingue)
en
Ciudad Trujillo, s'appropria au bénéfice de lui-même et sa
famille la majeure partie des terres arables. Son régime fut
marqué par la répression, l'usage de la torture et le meurtre
politique. En 1937, il ordonna le massacre de 15.000 Haïtiens.
Dès août 1960, l'Organisation
des États américains (OEA) imposa des sanctions
diplomatiques à son encontre estimant qu'il était complice dans
la tentative d'assassinat du
président vénézuélien
Rómulo Betancourt. Le
3
août 1960,
Joaquín Balaguer Ricardo, qui depuis 1935
avait été à divers titres au service du régime Trujillo, devint
« président constitutionnel » fantoche au service de Trujillo.
Au bénéfice de sa position au sein de l'appareil d'État, il
réussit à prendre le pouvoir à la suite de l'assassinat le 30
mai
1961 de Trujillo (La
Fiesta del chivo). Il fut néanmoins rapidement renversé.
La première élection libre depuis près de quarante ans porta
au pouvoir
Juan Bosch, chef du Parti révolutionnaire dominicain (PRD).
Celui-ci fut à son tour renversé par un coup d'État militaire.
Très rapidement la situation devint confuse, confusion qui se
solda par une occupation en avril 1965
des
forces armées des États-Unis. Cette confusion est
usuellement mise en relation avec le fait que Bosch était perçu
comme procastriste.
Balaguer remporta les élections de juin 1966
et fut, aux termes d'élections fortement influencées par la
violence politique d'État au service d'une
dictature, réélu en 1970
et en
1974.
En
1978
Silvestre Antonio Guzmán Fernández, candidat du Parti
révolutionnaire dominicain (PRD), fut élu. Il laissa la place en 1982
à
Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD.
Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial
suite à l'élection présidentielle de 1986,
et fut réélu en 1990
et en
1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux
dires des observateurs internationaux, suffisamment entâchée
d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la
constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées.
Celles-ci conduisirent à l'élection du candidat du Parti de
la libération domicaine (PLD ; centre-droit)
Leonel Fernandez Reina, âgé de 43 ans.
En
2000 c'est le candidat PRD (membre de l'international
socialiste)
Hipólito Mejía Domínguez, opposé, d'une part, à
Danilo Medina, candidat du PLD -
Leonel Fernández ne pouvant se présenter pour un second
mandat au vu de la constitution - et, d'autre part, à Balaguer,
candidat du
Parti réformiste social chrétien (PRSC ; conservateur), qui
accéda au pouvoir. Balaguer, âgé de 93 ans, obtint plus de 24 %
des voix et manqua de peu la possibilité de provoquer un
deuxième tour.
Balaguer décéda le
14 juillet 2002,
mettant ainsi fin à son implication dans une très longue
transition vers la démocratie.
Hipólito Mejia, candidat après une modification de la
constitution lui permettant de se présenter pour un second
mandat, perd l’élection présidentielle de 2004
au profit de
Leonel Fernández.
Aux élections législatives du 16
mai
2006, le PLD, parti de
Leonel Fernández, obtient des électeurs dominicains une
majorité au Sénat et à la Chambre des députés.
Leonel Fernández est réélu président de la République lors
des élections du 16 mai 2008.